Des signes de quoi ?

Texte proposé par Origenius

3 février 2013

— Si tu pou­vais juste nous donner à voir quel­ques uns de tes pro­di­ges, ça nous suf­fi­rait. Ça égaillerait bien notre samedi après-midi fade et plu­vieux. On te connait, tu en es capa­ble. On a même entendu dire que tu as fait de ces mira­cles dans ce vil­lage, com­ment s’appelle-t-il déjà ? — ah oui Capharnaüm, le pate­lin au bord de l’eau sur la route de ton retour ici. Si même là-bas tu guéris des mala­des, tu redres­ses des boi­teux, tu chas­ses des esprits mau­vais, tu pour­rais en faire autant chez nous ! Regarde Sarah, la femme de Joshua, ça fait trois semai­nes qu’elle est clouée au lit, tu com­prends bien que ça nous arrange pas pour aller puiser l’eau. Et not’ David, sourd comme un pot depuis qu’il est né ; tu pour­rais peut-être lui faire quel­que chose aussi non ? Tu me diras, ça le gène pas pour garder le trou­peau, mais quand même ! Enfin, tu com­prends quoi. On aime­rait bien en voir un ou deux non ? Si tu nous mon­trais ce que tu es capa­ble de faire…

— Vous n’avez donc rien com­pris ? Je viens de vous révé­ler l’accom­plis­se­ment de l’espé­rance qui vous habite depuis des géné­ra­tions et vous voulez que je joue au fai­seur de mira­cles ? Mais vous me prenez pour quoi ? Vous avez bien la tête coriace !…

Flashback sur la lec­ture de Jésus à la syna­go­gue, du livre d’Isaïe :

— L’esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a conféré l’onc­tion pour annon­cer la bonne nou­velle au pauvre.

— Il m’a envoyé pro­cla­mer aux cap­tifs la libé­ra­tion et aux aveu­gles le retour à la vue ;

— libé­rer les oppri­més pour la liberté ;

— pro­cla­mer l’année de grâce du Seigneur ;
Cette parole, c’est aujourd’hui qu’elle s’accom­plit pour vous qui l’enten­dez ! [1]


Vous savez bien que cette parole d’Isaïe annonce le salut puis­que les mira­cu­lés, les guéris en sont le signe, même ceux de Capharnaüm ! Vous savez bien que lors­que cette parole se réa­lise, le Salut est au milieu de vous ! Vous savez bien que la réa­li­sa­tion de cette parole vous pré­sente le Messie ! Vous savez bien qu’en accueillant cette parole qui se réa­lise, vous êtes invi­tés à reconnaî­tre l’Oint qui se pré­sente sim­ple­ment devant vous, mais sans les ori­peaux dont votre ima­gi­na­tion friande l’a affu­blé !

Mais vous êtes plus atta­chés à votre ima­gi­na­tion, aussi trom­peuse soit-elle, qu’à la sim­pli­cité de la venue du Messie parmi vous.

Mais vous vous atten­dez à quoi ?

Vous êtes plus atta­chés aux signes de la pré­sence du Messie qu’à la réa­lité qu’ils dési­gnent : sa pré­sence même parmi vous !

Et vous rede­man­dez des signes, des pro­di­ges, parce qu’ils vous amu­sent, vous dis­traient plutôt qu’ils vous per­met­tent de reconnaî­tre la mer­veille devant vos yeux : le Messie est là !

Alors non, vous n’aurez plus de signes, vous n’aurez plus de pro­di­ges, vous n’aurez plus de mira­cles mer­veilleux ! Vous n’aurez plus de diver­tis­se­ments puis­que vous vous mépre­nez sur leur signi­fi­ca­tion et leur portée !

Vous en avez eu suf­fi­sam­ment de ces signes. Décortiquez-les, ouvrez les yeux, com­pre­nez-les.

Ayez la foi !

Le messie est là.

C’est tout.

Notez bien

[1Lc 4,18-19

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