Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Vous dites résurrection, mais encore ?

Par Origenius

18 avril 2021

Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Voici quel­ques médi­ta­tions tirées des textes d’Évangile ou des Actes des Apôtres sur la résur­rec­tion du Christ. C’est une col­lec­tion de quel­ques textes qu’on peut lire dans n’importe quel ordre, et les repren­dre quand on veut.

Thomas

En se pré­sen­tant sans autre forme de procès auprès de ses amis, il leur pré­sente son corps. Ce n’est pas n’importe quel corps. C’est son corps sup­pli­cié, lacéré, trans­percé, sac­cagé, détruit. C’est son corps tué qu’il pré­sente à ses amis. Alors qu’il été défi­guré par la mort, ce corps est main­te­nant confi­guré au cœur de Dieu. En mon­trant son corps tué, il montre sa résur­rec­tion. Faut-il qu’il soit pré­ve­nant pour s’abais­ser encore une fois afin de sus­ci­ter la foi de ses amis. Thomas n’est pas moins incré­dule que ses amis qui ont eu la joie de ren­contrer leur Seigneur, il était seu­le­ment absent. Ce n’était pas plus simple pour eux d’accueillir la résur­rec­tion que pour lui. Alors le Christ revient, pour lui spé­cia­le­ment ! Alors, d’une manière ou d’une autre, Il revien­dra tou­jours exprès pour tous les insou­ciants, les retar­da­tai­res, les trop-occu­pés, les iro­ni­ques, les égarés, les igno­rants. Il revien­dra tou­jours pour moi !

Le juste

Pierre est remonté. Il ne s’en laisse pas conter. Le voilà qui, d’une voix claire, intel­li­gi­ble en remon­tre aux juifs sur le point de l’arrê­ter : vous avez tué le « Juste », en raison de votre injus­tice. En quoi Jésus est-il juste ? Quelle est la jus­tice du Christ ? À l’aune de notre com­pré­hen­sion par­tielle, on a vite fait de cou­vrir la jus­tice du Christ de mora­line : il est gentil, il ne fait de mal à per­sonne, il cher­che à apai­ser les conflits et il nous demande si pos­si­ble de l’imiter pour être contents. C’est tota­le­ment injuste qu’il ait été condamné. Syndrome Caliméro. Le pire, c’est que c’est cette mora­line que beau­coup d’athées repro­chent aux chré­tiens. Non, la jus­tice du Christ, ce qui fait de lui le Juste, c’est sa vision béa­ti­fi­que, à savoir sa claire vision du visage du Père et de ses des­seins. Il est juste par le fait qu’il connaît le cœur du Père. Il est au cœur du Père, il est sa pré­sence, sa parole, son amour.

Judas

Judas a pro­ba­ble­ment voulu pro­vo­quer son maître dans l’accom­plis­se­ment du salut. En sus­ci­tant son arres­ta­tion, il pen­sait que Jésus allait enfin déployer sa puis­sance et faire adve­nir le salut promis, selon l’idée qu’il s’en fai­sait. Échec total et désillu­sion mor­ti­fère. Mais les autres dis­ci­ples, à l’instar de Judas, s’ils n’ont pas pro­vo­qué Jésus, étaient-ils plus clair­voyants quant à la nature du salut que Jésus allait accom­plir ? Sûrement pas ! Combien l’ont défendu ? Combien l’ont accom­pa­gné ? Combien ont décampé ? Mises à part les femmes, cou­ra­geu­ses, un ou deux seu­le­ment l’ont suivi, à dis­tance peut-être, jusqu’à la croix ? Et ce pre­mier jour, ils res­tent enfer­més dans quel­que bâtisse à l’abri de la fureur de la foule que le sabbat n’a pas fait retom­ber. Une belle bande… d’êtres humains quoi ! Sont-ils fon­ciè­re­ment dif­fé­rents de la foule déchaî­née ? Non, les uns sont pleu­tres par peur, les autres par mimé­tisme.

La foule

Si la foule est injuste, ce n’est pas du fait de son ini­quité, mais du fait de sa méconnais­sance de Dieu. Pierre rap­pelle cet événement révé­la­teur : Pilate vous a demandé qui relâ­cher : Barrabas ou Jésus, et vous avez crié d’une seule voix Barrabas ! Vous avez pré­féré la vie d’un meur­trier plutôt que celle d’un juste. D’où vient que le juge­ment de la foule, des êtres humains qui la com­po­sent, soit si vicié ? Évidemment, je vais uti­li­ser un terme désuet qui fait fuir les foules bien pen­san­tes : le péché. Il ne s’agit pas du petit péché quo­ti­dien que l’on tente de cir­cons­crire avec quel­ques bonnes pen­sées léni­fian­tes. C’est le péché fon­da­men­tal, celui qui prive l’être humain de la connais­sance de Dieu, celui qui assom­brit le cœur au point qu’il n’a même plus l’idée de la bien­veillance du visage de Dieu, celui qui le prive de toute capa­cité de dis­cer­ne­ment. Le juge­ment de la foule en est inique pres­que par nature.

La paix

Jésus est rempli de pré­ve­nance à l’égard de ces amis. À l’heure actuelle, ils sont perdus, déses­pé­rés, ils sont peur des juifs et leur avenir est bouché. Nous sommes au pre­mier soir du pre­mier jour. Ils ont certes déjà reçu le témoi­gnage de Marie-Madeleine et des quel­ques femmes allées au tom­beau ; et même le témoi­gnage de ces deux nou­veaux amis qui avaient déguerpi, mais qui sont revenu dare-dare, racontant qu’elle et ils avaient ren­contré Jésus. Invraisemblable ! Bref, ils ne savent pas s’ils doi­vent croire ces propos pour le moins bizar­res, ou les tenir pour des bali­ver­nes pro­fé­rées sous le coup de l’extrême émotion. Ce n’est pas simple de croire à la résur­rec­tion ! Donc, Jésus, soi-même !, vient à l’heure ren­contre et leur adresse ce salut magni­fi­que : « La paix soit avec vous ! ». Parce qu’il est temps d’entrer dans cette paix qui prend la place de toutes nos souf­fran­ces et peurs. C’est par excel­lence le salut de Pâques.

Le pardon

Alors voilà, nous sommes prêts ! Nous sommes entrés dans le mys­tère de la résur­rec­tion. Jésus res­sus­cité a ren­contré Thomas, l’autre pécheur égaré. Thomas, par­donné, rené d’en haut, voyant le mys­tère, a pro­clamé sa foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Ce n’est rien d’autre que l’expé­rience pré­gnante de la misé­ri­corde de Dieu qui l’intro­duit dans le mys­tère de la résur­rec­tion. Ni une ni deux, c’est le moment que choi­sit le Christ pour, en leur envoyant l’Esprit-Saint, les établir Témoins de sa résur­rec­tion, ayant l’air de dire que tous ceux qui en rece­vront le témoi­gnage y seront par­ti­ci­pants. S’il y a plé­thore de maniè­res de témoi­gner de la résur­rec­tion, elles sont toutes orien­tées vers le pardon par lequel, à l’image du Christ, on devient « juste », béné­fi­ciant avec le Christ de la vision et de la connais­sance du cœur de Dieu. Ainsi, uni au Christ res­sus­cité, on accom­plit son œuvre qui consiste essen­tiel­le­ment à par­don­ner.

Viens voir

Où demeu­res-tu ? avait-il demandé. Il lui a répondu « Viens voir, et tu verras ». C’était le pre­mier jour de leur amitié. Et tout au long de leur com­pa­gnon­nage, il a vu, vu les signes qu’il opé­rait, vu les gens guérir grâce à ses paro­les de confiance. Il a entendu qu’il a dit à Nicodème que s’il accep­tait de renaî­tre d’en haut, il « ver­rait » le Royaume de Dieu. Et main­te­nant, nous sommes au der­nier jour, Jésus ne serait plus au tom­beau ; il y accourt après que Marie-Madeleine s’est plainte qu’on avait volé son corps. Il entra dans le tom­beau, il vit… et il crut. Pour la pre­mière fois, ce qu’il vit clai­re­ment, c’est qu’il ne vit pas. Son regard est allé au-delà de son champ de vision habi­tuel, il a entr’aperçu le mys­tère. Il a « vu » où le Christ demeure. Et ce n’est pas dans un tom­beau. C’est aujourd’hui qu’il réa­lise la réponse que Jésus lui a donnée au pre­mier jour. Il voit que Jésus demeure au sein de Dieu.

Le premier jour

Le pre­mier jour de la semaine, le len­de­main du sabbat. Il s’en est passé le pre­mier jour de la semaine ! L’événement le plus inté­rieur, la résur­rec­tion, est passé ina­perçu, mais il a engen­dré tous les autres. En résu­mant, pen­dant la nuit, le Christ est res­sus­cité, mais per­sonne ne le sait. Au matin, les dis­ci­ples les plus pro­ches res­tent cloî­trés de peur de subir les mêmes ennuis que leur maître, et ils sont plutôt déses­pé­rés, tandis que les femmes, en larmes, par­tent hono­rer la dépouille du défunt en l’oignant des par­fums prévus à cet effet. Deux d’entre eux d’ailleurs ont déguerpi en pleine jour­née, ils ren­trent chez eux, un pate­lin qu’on appelle Emmaüs, avant la nuit. Ils sont com­plè­te­ment dépi­tés devant ce qu’ils consi­dè­rent comme un échec, et peut-être même un men­songe. Et le soir même, ces deux-là sont reve­nus pré­ci­pi­tam­ment, les femmes sont là, les autres écarquillent les yeux de pai­si­ble étonnement.

 Et cum Spiritu tuoParoles Parole Vous dites résurrecti

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